Carte carburant ou indemnités kilométriques : comment trancher ?
Nicolas - Directeur Marketing & Commercial · C2A
Sommaire
✅ Mis à jour : juin 2026⏱️ 6 min de lecture
Carte carburant ou IK : pour rembourser les trajets professionnels effectués en véhicule personnel, deux logiques s'opposent. L'une centralise et contrôle les dépenses, l'autre rembourse au kilomètre selon un barème officiel. Le bon arbitrage dépend surtout de votre volume de déplacements et de votre politique RH. Spécialiste du paiement des frais de mobilité, C2A édite une carte de paiement pour entreprise qui simplifie ce suivi au quotidien.
📋 Ce que vous allez trouver
→ Le comparatif en un coup d'oeil
→ Deux logiques différentes : carte vs indemnités kilométriques
→ Comparatif détaillé : coût, TVA, gestion et contrôle
→ Le barème kilométrique et le seuil des 20 000 km
→ Quelle solution selon votre profil d'entreprise ?
Voici un comparatif clair sur le coût, la TVA et la gestion, puis nos repères pour décider.
Le comparatif en un coup d'oeil
Critère
Carte carburant
Indemnités kilométriques
Profil idéal
Flottes et gros volumes de trajets
TPE et déplacements ponctuels
TVA sur le carburant
Récupérable
Non récupérable
Gestion au quotidien
Relevé unique, contrôle en temps réel
Une note de frais par trajet
Au-delà de 20 000 km par an
Souvent plus avantageuse
Taux kilométrique dégressif
Carte carburant et indemnités kilométriques : deux logiques différentes
Carte carburant et indemnités kilométriques répondent au même besoin, rembourser les déplacements professionnels, par deux mécanismes opposés.
La carte carburant est un moyen de paiement confié au salarié : l'entreprise règle directement le carburant et les services associés, puis reçoit un relevé unique.
Les indemnités kilométriques fonctionnent à l'inverse. Le salarié avance ses frais et roule avec son véhicule personnel, puis l'entreprise le rembourse sur la base d'un barème fiscal. Ce barème couvre à la fois le carburant, l'entretien, l'assurance et l'usure du véhicule, ce qui en fait une solution complète pour qui ne veut pas gérer de flotte.
Comparatif : coût, TVA, gestion et contrôle
Sur le plan opérationnel, les deux solutions se distinguent surtout par la TVA, la charge administrative et le contrôle des dépenses.
Critère
Carte carburant
Indemnités kilométriques
Récupération de la TVA carburant
Oui, selon le type de véhicule
Non
Gestion administrative
Un relevé unique centralisé
Une note de frais par trajet
Contrôle des dépenses
En temps réel, paramétrable
A posteriori, sur justificatif
Frais annexes (péage, parking)
Intégrés, carte multiservices
À rembourser séparément
Véhicule
Flotte ou véhicule professionnel
Véhicule personnel du salarié
La TVA constitue l'écart le plus net. Sur le carburant, elle se récupère à hauteur de 80% pour les véhicules de tourisme et de 100% pour les utilitaires, essence comme gazole. Les indemnités kilométriques, elles, n'ouvrent aucun droit à déduction.
💡 Bon à savoir
avec les indemnités kilométriques, l'entreprise échappe aux taxes annuelles sur les véhicules (les deux taxes qui ont remplacé l'ancienne TVS), puisque la voiture appartient au salarié et non à la société. Pour une flotte en propre, ces taxes s'ajoutent en revanche au coût total et pèsent dans la comparaison.
Le barème kilométrique et le seuil des 20 000 km
Les indemnités kilométriques se calculent avec le barème URSSAF, selon la puissance fiscale du véhicule et la distance parcourue dans l'année. Trois tranches existent, et la dernière change la donne pour les gros rouleurs.
Puissance fiscale
Jusqu'à 5 000 km
De 5 001 à 20 000 km
Au-delà de 20 000 km
3 CV et moins
d × 0,529
(d × 0,316) + 1 065
d × 0,370
4 CV
d × 0,606
(d × 0,340) + 1 330
d × 0,407
5 CV
d × 0,636
(d × 0,357) + 1 395
d × 0,427
6 CV
d × 0,665
(d × 0,374) + 1 457
d × 0,447
7 CV et plus
d × 0,697
(d × 0,394) + 1 515
d × 0,470
Au-delà de 20 000 km par an, le coefficient appliqué chute nettement. Pour un véhicule de 5 CV, il revient à 0,427 € par kilomètre, contre 0,636 € sous 5 000 km. Sur de forts volumes de déplacements, la carte carburant devient alors souvent plus économique que les indemnités.
Quelle solution selon votre profil d'entreprise ?
Le bon choix dépend de votre structure et de vos volumes. La carte carburant s'impose dès que les déplacements s'intensifient ou que vous gérez une flotte :
Vos salariés dépassent régulièrement 15 000 à 20 000 km par an.
Vous souhaitez récupérer la TVA et centraliser les dépenses en temps réel.
Vos trajets cumulent péages, parkings et recharges à regrouper sur un seul relevé.
À l'inverse, les indemnités kilométriques conviennent à une TPE dont les salariés se déplacent ponctuellement avec leur véhicule personnel, sans investir dans une flotte.
🎙️ Parole d'expert C2A
« Le réflexe que nous conseillons : calculer le kilométrage annuel réel de chaque conducteur avant de trancher. En dessous de 15 000 km, les indemnités kilométriques suffisent souvent ; au-dessus, le temps passé sur les notes de frais finit par coûter plus cher que la carte elle-même. »
Vous hésitez encore entre carte carburant ou indemnités kilométriques pour vos équipes ? Nos experts comparent votre volume de trajets et chiffrent l'option la plus rentable, sans engagement ni caution.
Oui, une entreprise peut utiliser les deux dispositifs, mais jamais pour la même dépense ni le même salarié sur un même poste. En pratique, la carte carburant équipe les profils très mobiles, tandis que les indemnités kilométriques couvrent les déplacements occasionnels. Une politique écrite répartit clairement qui relève de quel mode.
Non, les indemnités kilométriques n'ouvrent aucun droit à récupération de la TVA sur le carburant. Seule la carte carburant, qui génère des factures au nom de l'entreprise, permet de déduire la TVA, à hauteur de 80% pour les véhicules de tourisme et de 100% pour les utilitaires. C'est un avantage fiscal direct.
La carte carburant devient souvent plus avantageuse au-delà de 15 000 à 20 000 km par an et par salarié. Sur la tranche haute du barème, un véhicule de 5 CV n'est indemnisé qu'à 0,427 € par kilomètre, là où la carte évite ce taux dégressif et récupère en plus la TVA sur le carburant.
Oui, si la politique interne l'autorise : l'entreprise règle alors directement le carburant du véhicule personnel utilisé pour le travail. Attention, la carte ne couvre que le carburant, pas l'entretien, l'assurance ni l'usure pris en compte par le barème kilométrique. Le paramétrage (plafonds, types de carburant, zones) limite par ailleurs les usages privés.
Nicolas Ochoa
Directeur Marketing & Commercial · C2A
Passionné par les enjeux de mobilité professionnelle, Nicolas accompagne les entreprises de transport dans l'optimisation de leurs coûts de déplacement. Il partage sur ce blog son expertise en gestion de flotte, fiscalité routière et solutions de paiement professionnels.