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La TVS — taxe sur les véhicules de société — a officiellement disparu depuis le 1er janvier 2023. Elle a été remplacée par deux nouvelles taxes sur l'affectation des véhicules de tourisme à des fins économiques : la taxe annuelle sur les émissions de CO2 et la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques. Pour les gestionnaires de flotte, le fond reste le même : tout véhicule de tourisme rattaché à l'activité d'une société est imposable. Barèmes 2026, calcul, déclaration, exonérations — voici tout ce qu'il faut savoir.
📋 Ce que vous allez trouver
→ Ce qui a remplacé la TVS depuis 2023 et pourquoi
→ Les deux composantes de la taxe et comment les calculer
→ Les barèmes CO2 applicables en 2026 (WLTP et NEDC)
→ Les exonérations possibles selon le type de véhicule
→ Comment déclarer et payer (formulaires, délais)
→ Les leviers pour réduire la facture fiscale de votre flotte
La loi de finances pour 2022 a supprimé la TVS historique et l'a fractionnée en deux taxes distinctes, codifiées aux articles L421-93 à L421-167 du code des impositions sur les biens et services (CIBS). Ces deux taxes conservent la même logique que l'ancienne TVS mais avec des barèmes progressivement renforcés chaque année pour inciter à l'électrification des flottes.
Le vocabulaire courant parle encore de "TVS" ou "ex-TVS" — les deux termes désignent la même réalité fiscale.
💡 Bon à savoir
Les entreprises individuelles sont exonérées des deux taxes. Seules les sociétés (SARL, SAS, SA, SNC, etc.) sont redevables. Si vous exercez en nom propre, vous n'êtes pas concerné — même si vous utilisez un véhicule à titre professionnel.
Sont soumis aux deux taxes tout véhicule de tourisme (catégorie M1 — voiture particulière) qui remplit simultanément deux conditions : être autorisé à circuler sur le territoire français et être rattaché à l'activité économique d'une société.
Un véhicule est rattaché à l'activité économique dans l'un de ces trois cas :
→ Il est détenu et immatriculé en France par la société (propriété directe)
→ Il fait l'objet d'une prise en charge des frais professionnels par la société (véhicule de collaborateur remboursé au réel ou en IK)
→ Il circule en France pour les besoins de l'activité économique de la société (location longue durée, LLD, LOA)
⚠️ Véhicules personnels des salariés : attention
Si votre société rembourse les frais kilométriques de véhicules personnels de salariés, ces véhicules entrent dans le périmètre taxable à hauteur des kilomètres remboursés. La taxe est calculée au prorata du nombre de km professionnels sur le total des km parcourus dans l'année.
Cette première composante est calculée selon un barème marginal progressif appliqué aux émissions de CO2 du véhicule, exprimées en g/km. Deux barèmes coexistent selon la date de première immatriculation du véhicule.
| Fraction d'émissions (g CO2/km) | Tarif marginal 2026 (€/g) |
|---|---|
| De 0 à 4 g/km | 0 € |
| De 5 à 45 g/km | 1 € |
| De 46 à 53 g/km | 2 € |
| De 54 à 85 g/km | 3 € |
| Au-delà de 85 g/km | 4 € |
Exemple concret : un véhicule émettant 120 g CO2/km (WLTP) en 2026 :
4 × 0 + (45−4) × 1 + (53−45) × 2 + (85−53) × 3 + (120−85) × 4 = 0 + 41 + 16 + 96 + 140 = 293 €
| Fraction d'émissions (g CO2/km) | Tarif marginal 2026 (€/g) |
|---|---|
| De 0 à 9 g/km | 0 € |
| De 10 à 50 g/km | 1 € |
| De 51 à 58 g/km | 2 € |
| De 59 à 90 g/km | 3 € |
| Au-delà de 90 g/km | 4 € |
💡 Hybrides : fin de l'exonération depuis janvier 2025
Jusqu'en 2024, les véhicules hybrides bénéficiaient d'une exonération de la taxe CO2. Cette exonération a été supprimée au 1er janvier 2025. Les hybrides sont désormais taxés comme les thermiques, selon leurs émissions CO2 WLTP. Seuls les véhicules 100 % électriques et à hydrogène restent exonérés.
La seconde composante dépend de la catégorie d'émissions de polluants atmosphériques du véhicule, définie par sa motorisation et son année de première immatriculation. Le tarif est forfaitaire et annuel.
| Catégorie de polluants | Type de motorisation | Tarif annuel |
|---|---|---|
| E (électrique/hydrogène) | 100 % électrique ou hydrogène | 0 € |
| 1 (faibles émissions) | Essence Euro 5/6, hybride récent | 100 € |
| 2 | Essence Euro 4, diesel récent Euro 5/6 | 200 € |
| 3 | Diesel antérieur à Euro 5 | 330 € |
| 4 et 5 (polluants élevés) | Véhicules anciens (diesel/essence pré-Euro) | 540 € |
* Tarifs indicatifs. La catégorie exacte figure sur le certificat d'immatriculation (rubrique « critair »). Consultez impots.gouv.fr pour les montants officiels.
🎙️ Parole d'expert C2A
« La question que posent souvent les responsables flotte, c'est : "est-ce que ça vaut le coup de passer à l'électrique juste pour l'ex-TVS ?". Sur une flotte de 20 véhicules thermiques à 150 g CO2/km, on est sur 10 000 à 12 000 € de taxes annuelles. Le passage à des VP électriques efface intégralement cette ligne budgétaire, en plus des économies carburant. Sur 3 ans, le différentiel est souvent supérieur au surcoût d'acquisition. »
— Équipe C2A, expert en gestion de flotte et optimisation des frais professionnels
Le mode de déclaration dépend du régime d'imposition à la TVA de votre société.
La taxe est déclarée et payée via le formulaire n°3310-A, annexé à la déclaration de TVA du mois de janvier. Le paiement intervient donc en même temps que la TVA de janvier de l'année suivante (pour la période du 1er janvier au 31 décembre de l'année précédente).
La déclaration se fait via le formulaire n°2855-SD, à déposer au plus tard le 15 janvier auprès du service des impôts des entreprises (SIE). Le paiement est simultané au dépôt de la déclaration.
| Régime TVA | Formulaire | Délai |
|---|---|---|
| Réel normal (mensuel/trimestriel) | Formulaire 3310-A | Avec déclaration TVA de janvier N+1 |
| Simplifié (RSI) | Formulaire 2855-SD | Au plus tard le 15 janvier N+1 |
| Non assujettis à la TVA | Formulaire 2855-SD | Au plus tard le 15 janvier N+1 |
Passer à l'électrique — c'est le levier le plus radical. Les véhicules 100 % électriques et hydrogène sont exonérés des deux composantes. Sur une flotte de 10 véhicules, cela peut représenter 5 000 à 8 000 € d'économie fiscale annuelle.
Choisir des véhicules à faibles émissions — lors des renouvellements de flotte, intégrer les barèmes progressifs dans le calcul du TCO (total cost of ownership). Un véhicule à 90 g CO2/km WLTP coûte significativement moins cher en taxes qu'un véhicule à 140 g/km.
Optimiser les remboursements kilométriques — si vos collaborateurs utilisent leurs véhicules personnels et que vous remboursez leurs frais, assurez-vous de bien calculer le prorata afin de ne pas sur-déclarer. Un suivi précis des km professionnels évite toute surfacturation.
Anticiper les seuils de barème — à quelques grammes de CO2/km près, le classement d'un véhicule dans une tranche inférieure peut valoir plusieurs centaines d'euros d'économie par véhicule et par an. Lors des achats ou des LLD, vérifiez systématiquement les valeurs WLTP homologuées.
La TVS (taxe sur les véhicules de société) en tant que telle a été supprimée le 1er janvier 2023. Elle a été remplacée par deux taxes distinctes : la taxe annuelle sur les émissions de CO2 et la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques. Dans les faits, les entreprises parlent encore d'"ex-TVS" car la logique de taxation reste identique. En 2026, les deux taxes s'appliquent avec des barèmes renforcés par rapport à 2025.
Sont exonérés : les entreprises individuelles (auto-entrepreneurs, EI) qui ne sont pas des sociétés, les véhicules 100 % électriques et à hydrogène (exonérés des deux composantes), les véhicules détenus par des concessionnaires ou garages pour démonstration, et les véhicules aménagés pour les personnes à mobilité réduite. Attention : depuis 2025, les hybrides ne sont plus exonérés de la composante CO2.
Deux formulaires selon votre régime TVA : le formulaire 3310-A pour les entreprises au régime réel normal (annexé à la déclaration TVA de janvier), et le formulaire 2855-SD pour les entreprises au régime simplifié ou non-assujetties à la TVA (à déposer avant le 15 janvier). La déclaration porte sur les véhicules taxables de la période du 1er janvier au 31 décembre de l'année précédente.
Oui, depuis le 1er janvier 2025. Les véhicules hybrides (essence + électrique) ont perdu leur exonération sur la taxe CO2. Ils sont désormais soumis au barème progressif selon leurs émissions WLTP. Seuls les véhicules 100 % électriques à batterie et les véhicules à hydrogène restent totalement exonérés des deux composantes.
Pour chaque véhicule taxable, calculez la taxe CO2 en appliquant le barème marginal progressif aux émissions WLTP (ou NEDC selon la date d'immatriculation), puis ajoutez la taxe polluants forfaitaire selon la catégorie du véhicule. Multipliez par le prorata de temps d'utilisation si le véhicule n'a pas été détenu toute l'année. Additionnez pour tous les véhicules de la flotte. Pour les flottes importantes, une fiche de calcul officielle (formulaire 2857-FC-SD) est disponible sur impots.gouv.fr.
📚 Sources officielles
→ Service-Public.fr — Taxes sur l'affectation des véhicules de tourisme (ex-TVS)
→ BOFiP — Taxes sur l'affectation des véhicules à des fins économiques
→ Impots.gouv.fr — Comment déclarer et payer les taxes sur les véhicules
Nicolas Ochoa
Directeur Marketing & Commercial · C2A
Passionné par les enjeux de mobilité professionnelle, Nicolas accompagne les entreprises dans l'optimisation de leur gestion de flotte et le pilotage de leurs frais de déplacement au quotidien.
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